Définition

Commissaire aux comptes (CAC) dans le spectacle vivant

Définition

Le commissaire aux comptes (CAC) est un professionnel indépendant chargé de certifier la régularité, la sincérité et l’image fidèle des comptes annuels d’une structure. Pour une association, cette nomination devient obligatoire dès lors que l’un de deux fondements juridiques distincts s’applique : le montant des subventions publiques reçues, ou le niveau de l’activité économique de la structure. Un seul de ces deux fondements suffit à rendre l’obligation applicable.

Premier fondement : le montant des subventions publiques reçues

En application de l’article L. 612-4 du Code de commerce, toute association ayant reçu annuellement des autorités administratives, ou d’établissements publics à caractère industriel et commercial, une ou plusieurs subventions en numéraire dont le montant global dépasse un seuil fixé par décret, doit établir des comptes annuels (bilan, compte de résultat, annexe), en assurer la publicité, et nommer au moins un commissaire aux comptes. Ce seuil réglementaire est fixé à 153 000 € de subventions publiques cumulées sur un même exercice.

Sont prises en compte les subventions provenant des autorités administratives au sens de l’article 1er de la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 (administrations de l’État, collectivités territoriales, établissements publics à caractère administratif, organismes de sécurité sociale) et des établissements publics à caractère industriel et commercial. C’est le cumul annuel de ces subventions qui déclenche l’obligation, pas le montant d’une aide prise isolément : un festival ou une compagnie recevant des soutiens combinés de l’État, d’une région, d’un département et d’une commune peut franchir ce seuil sans qu’aucune subvention individuelle ne soit à elle seule très élevée.

Second fondement : l’activité économique de la structure

Indépendamment de la question des subventions, l’article L. 612-1 du Code de commerce impose aux personnes morales de droit privé non commerçantes ayant une activité économique de désigner au moins un commissaire aux comptes et un suppléant dès lors qu’elles dépassent, à la clôture de l’exercice, deux des trois seuils suivants, fixés par l’article R. 612-1 du même code :

  • 50 salariés, ce nombre étant calculé comme la moyenne arithmétique des effectifs liés à la structure par un contrat à durée indéterminée à la fin de chaque trimestre ;
  • 3 100 000 € de chiffre d’affaires hors taxes ou de ressources ;
  • 1 550 000 € de total de bilan.

Ces seuils sont propres aux personnes morales non commerçantes (dont les associations) et distincts des seuils applicables aux sociétés commerciales, qui ont été relevés par un décret de 2024 sans affecter les seuils associatifs.

Sortie de l’obligation

L’obligation cesse lorsque la structure ne dépasse plus deux des trois seuils d’activité économique pendant deux exercices successifs (article R. 612-1). Le mandat du commissaire aux comptes prend fin dans les mêmes conditions, par décision de l’organe délibérant appelé à statuer sur les comptes annuels.

Ce que déclenche concrètement l’obligation

  • L’établissement de comptes annuels (bilan, compte de résultat, annexe) selon un formalisme précis.
  • La désignation d’au moins un commissaire aux comptes, et d’un suppléant lorsque les conditions applicables sont réunies.
  • La publicité des comptes annuels et du rapport du commissaire aux comptes, dans des conditions fixées par décret en Conseil d’État.
  • En cas de non-respect de l’obligation d’établir des comptes annuels, les dirigeants s’exposent aux peines prévues à l’article L. 242-8 du Code de commerce.

Pourquoi cette notion est particulièrement structurante pour le secteur

Les structures du spectacle vivant les plus établies, celles gérant plusieurs centaines de milliers d’euros à plusieurs millions d’euros de budget annuel, franchissent fréquemment l’un ou l’autre de ces seuils : un festival de taille moyenne dépasse souvent 153 000 € de subventions publiques cumulées dès qu’il combine plusieurs niveaux de collectivités, et une compagnie ou un producteur en forte croissance peut franchir le seuil de ressources ou de chiffre d’affaires sans que cela corresponde nécessairement à un changement de statut juridique. L’obligation de nommer un commissaire aux comptes mérite donc d’être anticipée dès la construction du budget prévisionnel plutôt que découverte à la clôture de l’exercice.

Points de vigilance

  • Le franchissement du seuil de subventions s’apprécie sur les subventions en numéraire reçues des autorités administratives ou d’établissements publics industriels et commerciaux : la qualification exacte de chaque financement (subvention publique, mécénat privé, subvention européenne) doit être vérifiée avec un expert-comptable en cas de doute, ces catégories ne relevant pas des mêmes règles.
  • Une structure peut choisir de nommer volontairement un commissaire aux comptes avant d’y être légalement tenue, par exemple pour rassurer des financeurs ou anticiper une croissance prévisible ; dans ce cas, le commissaire aux comptes est soumis aux mêmes obligations que s’il avait été désigné de façon obligatoire.

Termes associés

Sources et références

Dernière vérification : 20 août 2026

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