Définition
Le seuil de rentabilité, ou point mort, est le niveau d’activité auquel les recettes d’une représentation couvrent exactement l’ensemble de ses coûts, sans bénéfice ni perte. C’est un outil de contrôle de gestion (analyse coûts-volume-profit) appliqué à l’échelle d’une date de spectacle plutôt qu’à l’échelle d’une entreprise entière. Il répond à une question opérationnelle : à partir de combien de billets vendus, ou de quel montant de recette, cette date devient-elle rentable ?
Coûts fixes et coûts variables d’une date
Le calcul distingue deux familles de coûts :
- Coûts fixes de la date : dus quel que soit le nombre de spectateurs présents. Cachets et salaires de l’équipe artistique et technique mobilisée pour la représentation, location de salle ou de matériel, transport et défraiements, part d’amortissement des frais de création affectée à cette date.
- Coûts variables : évoluent avec la fréquentation ou la recette. Commission du distributeur de billetterie, droits d’auteur et contribution à caractère social et administratif calculés sur les recettes de billetterie, part variable de taxe lorsqu’elle s’applique.
Cette distinction demande de la vigilance : un cachet forfaitaire par date est un coût fixe, mais une rémunération indexée sur la recette (intéressement, complément de minimum garanti) est un coût partiellement variable.
Formule de calcul
Seuil de rentabilité (en recette) = Coûts fixes de la date ÷ Taux de marge sur coûts variables, avec Taux de marge sur coûts variables = (Recette unitaire − Coût variable unitaire) ÷ Recette unitaire.
Point mort (en nombre de spectateurs) = Coûts fixes de la date ÷ Marge par billet vendu, la marge par billet correspondant au prix encaissé diminué des coûts variables qui lui sont directement proportionnels (commission de billetterie, droits d’auteur, taxe éventuelle).
Exemple chiffré
Exemple construit à titre pédagogique, avec des montants arbitraires choisis pour illustrer la méthode. Pour rester lisible, les coûts variables sont agrégés ici en un taux unique ; en pratique, chaque composante (TVA, commission de billetterie, droits d’auteur) s’applique à une base de calcul qui lui est propre.
| Poste | Montant |
|---|---|
| Coûts fixes de la date (cachets, technique, transport, location de salle) | 8 600 € |
| Prix de vente moyen du billet | 25 € |
| Coûts variables par billet (commission de billetterie, droits d’auteur et contributions assises sur la recette, agrégés à 20 % du prix de vente) | 5 € |
| Marge par billet | 20 € |
Point mort = 8 600 € ÷ 20 € = 430 spectateurs.
Sur une salle d’une jauge de 600 personnes, cette date devient rentable au-delà d’un taux de remplissage de 430 ÷ 600, soit environ 72 %.
Ce qui se passe au-delà du seuil
Au-delà du point mort, chaque billet supplémentaire vendu ne rapporte pas son prix de vente intégral au résultat : les coûts variables continuent de s’appliquer à chaque billet. C’est la marge par billet — 20 € dans l’exemple, et non les 25 € du prix de vente — qui vient améliorer directement le résultat de la date, puisque les coûts fixes sont déjà couverts au-delà de 430 spectateurs.
Marge de sécurité
La marge de sécurité mesure l’écart entre l’activité atteinte ou prévue et le seuil de rentabilité. Si la date affiche complet à 600 spectateurs, la marge de sécurité est de 600 − 430 = 170 spectateurs, soit environ 28 % de la jauge. Plus cette marge est faible, plus la date est exposée au risque d’un aléa de fréquentation.
Points de vigilance
- Point mort d’une date et rentabilité globale du spectacle sont deux choses différentes. Un spectacle peut être rentable sur l’ensemble d’une tournée tout en comptant des dates individuellement déficitaires, compensées par d’autres dates au-dessus de leur seuil.
- Les coûts de création s’amortissent sur l’ensemble des représentations prévues. Un changement du nombre de dates prévues modifie donc mécaniquement le seuil de rentabilité de chaque date, même si rien d’autre ne change.
- Le prix moyen du billet n’est pas le plein tarif. Il doit intégrer la structure tarifaire réelle (tarifs réduits, invitations, abonnements), sous peine de sous-estimer le point mort.
Distinction avec des notions proches
Le seuil de rentabilité se distingue du coût plateau, qui désigne l’ensemble des coûts d’une soirée de représentation sans les rapporter à un niveau de recette. Il se distingue aussi du prix de cession, montant forfaitaire négocié avec un diffuseur, qui peut être supérieur, égal ou inférieur au seuil de rentabilité du producteur selon les autres recettes attendues sur la date.
Simulateur gratuit de calcul du break
Breakly propose un simulateur gratuit pour calculer le point mort d’une production à partir de vos propres coûts fixes et variables : simulateur de calcul du break.
Termes associés
- Coût plateau
- Marge de sécurité (fiche à créer)
- Prix de cession (fiche à créer)
- Contrat de cession
Sources et références
Cette fiche applique une méthode d’analyse coûts-volume-profit issue de la doctrine générale du contrôle de gestion, adaptée à l’échelle d’une représentation de spectacle vivant. Il ne s’agit pas d’une notion réglementée : aucun texte de loi ne définit le seuil de rentabilité d’un spectacle, à la différence des notions fiscales ou sociales traitées dans d’autres fiches de ce glossaire. Les montants de l’exemple chiffré sont fictifs et construits uniquement à des fins pédagogiques.
Dernière vérification : 20 août 2026